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concert pipongarcia

Philippe Garcia, « Pipon » de son surnom, est une figure emblématique aux compos électros très urbaines, se servant de la pure tradition jazzistique pour aller vers des hybridations qu’il maîtrise en sorcier. Après avoir passé de nombreuses années en Turquie, ce musicien hors norme de formation classique s’est orienté vers le jazz dès son retour, aux côtés de Don Cherry puis de Barre Phillips. Puis il sera de ceux qui ont entamé la fusion entre le jazz et l’électro – drum’n’bass, comme il le confirmera avec la création à Lyon de Cosmik Connection en 1997. Le batteur-compositeur et roi des samplers électroniques jouera aux côtés de Truffaz, de Michel Benita ou de Laurent de Wilde pour ne citer que quelques grands noms de la galaxie jazzistique, avant de se reconvertir lui-même en étonnant Kptain Planet.

Toujours aussi actif et inventif, le Lyonnais Pipon Garcia se présente désormais en trio avec deux autres grandes figures du cru. Avec Tibo Soulas, un artiste complet qui fut d’abord trompettiste avant de devenir contrebassiste et de mettre son talent au service de La Velle ou de Stéphane Belmondo. À cette redoutable paire rythmique s’adjoint une voix incontournable parmi les chanteurs du circuit, avec Sir Jean, le charismatique performer d’origine wolof qui a marqué de son flow légendaire les principaux groupes de dub et d’afro-électro de ces vingt dernières années, de Meï Teï Shô au Peuple de l’Herbe, d’Ezekiel à Zenzile en passant par Brain Damage, comme encore aujourd’hui avec le NMB Brass Band. Autant dire une dream team de pointures pour sculpter le chaos originel et donner une dimension contemporaine et toujours très urbaine aux compos électro de Pipon Garcia sur lesquelles viennent se greffer des textes engagés – voire enragés. Les incantations envoûtantes et mystiques de Sir Jean lâchées sur les samples fantasmagoriques du batteur alternent de la furia survoltée à l’intimisme planant. Une performance forcément décoiffante qui ravira les esprits curieux.

societe routebleue

Les Trente Glorieuses. Charles Trenet chante la Nationale 7, massivement empruntée par les Français en congés payés pour relier Paris à la Méditerranée. Les routes nationales traversent alors villes et villages, véritables étapes touristiques et gastronomiques agrémentant ces longs périples. Car si le trajet fait partie intégrante des vacances, la démocratisation de l’automobile sature les axes routiers ; et cela peut vite virer au cauchemar ! Ainsi, afin d’éviter la traversée de Lyon, les automobilistes se voient offrir une alternative au doux nom de vacances et de liberté : la Route Bleue. Il s’agit de la RN 82, qui traverse le département de la Loire, via Neulise, la plaine du Forez, Feurs, Montrond, Veauche, La Fouillouse, Saint-Étienne, le Col de la République, et retrouve la  « 7 » dans la vallée du Rhône. Un film intergénérationnel entre sociologie, histoire et galerie de portraits, dans lequel les plus anciens se remémoreront avec nostalgie ces trajets magnifiques, et les plus jeunes découvriront un aperçu de ce qu’étaient les voyages du temps de leurs parents et grands-parents.

 

concert moovies

À chaque projet, Médéric Collignon se renouvelle avec talent. Avec MoOvies, l'ancien membre de l'ONJ (Orchestre national de jazz), du MegaOctet d'Andy Emler ou de l'ensemble Septik a mis son éternelle énergie et son imagination déchaînée au service de ce nouveau projet qu'il qualifie lui même comme « une odyssée où l'image s'écoute et la musique est image ». Il va chercher son inspiration du côté des musiques de films américains comme Dirty Harry (Clint Eastwood), Bullit (Steve Mc Queen) ou Brubaker (Robert Redford) et autres thrillers, écrites par Quincy Jones, Lalo Schifrin ou David Shire… Au sommet de son art, avec son quartet Jus de Bocse augmenté de l’Ensemble de Trompettes de Paris (Eutépé), le cornettiste-chanteur projette en cinémascope son jazz orchestral et funky, fourmillant d’idées, de trouvailles et de surprises ! Le récit est parfaitement maîtrisé, les silences et les ballades répondent aux furies swing et groove nous laissant haletant après une telle explosion des sens. Bon film !

 

concert buttering

Et si Tel-Aviv était devenue le nouvelle parabole de la beat music, comme Bristol au milieu des 9O’s ? Les producteurs, musiciens et chanteurs qui forment ce trio sont en tous les cas devenus incontournables dans cette cité, cette « bulle » où tout semble possible. Ils incarnent tout de cette jeunesse néo-hippie, libérée des frontières, des interdits, qui se prête volontiers à de nouvelles expériences aussi bien culturelles qu’extra-sensorielles. Ces nappes de soul et pop, de sonorités électroniques et rythmes jazzy qui s’entrelacent avec une certaine mélancolie, définissent sobrement les productions de Buttering Trio. Un mélange qui n’est pas sans évoquer les errances magnétiques du trip-hop de Massive Attack ou Morcheeba. Les trois membres du groupe possèdent une parfaite alchimie lorsqu’il s’agit de combiner les atmosphères célestes, les explorations musicales venues du monde entier et les rythmes proches du broken beat pour en faire un son unique et chaleureux.